Accueil » Mes Premiers Pas à Montréal

Mes Premiers Pas à Montréal

Nous y voilà, déjà deux semaines que l’avion nous a déposé à Montréal et que l’aventure, la vraie, a commencé. Comme chaque fois que nous arrivons dans un nouveau pays, nous sommes déconcertés et émerveillés à la fois par toutes ces petites différences notables que nous constatons, par rapport à notre pays d’origine. Ce genre de petits détails auxquels nous ne prêtons plus attention après quelques semaines ou quelques mois. J’ai donc décidé de consacrer un article entier dédié à « mes premiers pas à Montréal » afin de répertorier tout ces petits détails. 

Mais avant cela, voici ce qui m’a été dit par un monsieur lorsque j’attendais le bus :

« Êtes vous des français de France ? De paris ? Vous avez vu Notre Dame brûler ? Vous les français vous avez un accent bizarre et un fort caractère »

De quoi se mettre dans le bain ! 

PREMIERES IMPRESSIONS A L’ARRIVEE SUR MONTREAL 

A Montréal, il règne une ambiance franco-américaine. En effet, bien que la langue française soit la plus entendue dans la rue, il ne faut pas oublié que nous sommes en Amérique ! L’architecture des bâtiments et l’agencement des rues sont d’ailleurs là pour nous le rappeler. Dans cette atmosphère atypique à l’américaine, nous retrouvons toute la culture québécoise avec ses bons petits restaurants, le français aux accents chantants, les sourires, la politesse et la bienveillance propre aux Québécois. 

Il ne m’en fallait pas plus pour tomber sous le charme. Le fait que nous soyons en Septembre, en plein dans l’été indien joue peut-être aussi pour beaucoup. Nous en reparlerons dans quelques semaines lorsque les vagues de froids et de neiges se seront emparées du pays ^^

Tout cela pour dire qu’ici, on se sent évidemment à l’étranger, mais malgré tout nous nous sentons accueillis chaleureusement. Cela fait un bien fou 🙂 

QUELQUES DIFFERENCES AVEC LA FRANCE

L’intégration va consister à nous faire tout petit, à nous adapter et à apprendre les us et coutumes locales. En parlant de cela, voici quelques différences notables avec la France : 

L’AUTOMOBILE :

  • Les voitures. Ok sur ce point j’avoue être restée un peu sur ma faim tellement on m’avait vendu la taille enooooorme de leurs voitures. Au final, ça va. Cependant, le pickup est la norme ici. Je n’ai jamais vu autant de bécanes de ce type en ville. Eh puis, il faut bien admettre qu’ils poussent le concept à son maximum : ils accrochent d’énormes bennes à l’arrière de leur pickup ce qui double la longueur de la voiture.
  • Les bus scolaires sont typiquement américains. Vous voyez les cars que l’on voit dans tous les films ? Les cars oranges et carrément stylé qui viennent récupérer les enfants devant chez eux pour les déposer sagement à l’école ? Ces mêmes cars qu’on a tous voulu prendre une fois ? C’est exactement cela. Orange mais pas aussi moderne que ce que l’on pourrait croire, et les enfants doivent se rendre à l’arrêt de bus… mais c’est quand même stylé !
  • Les camions font toute la différence. Pas de doute, c’est l’Amérique ! Je suis fan de chez fan (si tenté que cette phrase soit française). Avec leur allure stylisé et leur look agressif. Avec ou sans chargement. J’adore voir leurs différentes couleurs et leur détermination sur la route.  
  • Toujours dans le thème automobile, oui, oui à croire que je suis sous le choc (ou le charme), j’ai constaté qu’il n’y a pas de plaque d’immatriculation à l’avant des voiture. Cela donne une petite ambiance “voitures fantômes” assez déroutante au premier coup d’œil. Nous faisons très vite abstraction de ce détails après quelques semaines mais tout de même… 😉

LA LINGUISTIQUE :

  • A Montréal, tout le monde se tutoie. En d’autres termes, le vouvoiement n’existe pas… Pire ! C’est un petit peu le symbole du touriste français perdu en ville. Pourquoi pas de vouvoiement ? A mon sens, il s’agit simplement de la traduction mot à mot de la langue anglaise où le terme “You” vaut pour “Tu” et pour “Vous”. Ici, c’est plus simple donc, on dit tu, et puis c’est tout. Il n’y a pas à tergiverser mille ans et votre interlocuteur ne sera pas offusqué par un manque de politesse quelconque.
  • Les termes et l’usage des mots sont également. Je ne vais pas répéter les clichés des expressions québécoises que nous connaissons tous. Néanmoins, notre légendaire question réthorique « ca va ? » devient à Montréal « tu vas bien ?». Techniquement, ça peut surprendre quand à la boulangerie, au supermarché ou partout ailleurs on te dit « bonjour, tu vas bien ? » mais on s’y fait très vite et on se sent de suite bien accueilli. De plus, leur français est meilleur que le notre en ce sens puisque “ça va” c’est un petit peu une phrase nulle et sans saveur alors que “tu vas bien” est beaucoup plus personnel.
  • L’accent, est pour certaines personnes plus difficiles à comprendre que pour d’autres. Rien d’insurmontable. Sincèrement, je m’attendais à tellement plus de difficultés de compréhension. Attention, lorsque j’ai écouté la radio locale, je n’ai pas tout compris non plus. L’humour est plus difficile à appréhender et je n’ai pas toutes les références pour saisir les propos. Qui plus est, comme dans tout pays, chaque région possède son propre accent. Cette perspective appelle à de superbes anecdotes à venir.
  • Toujours dans la thématique des mots, certains usages sont différents. Par exemples : le mot “bonjour” est remplacé par un petit “allo”. On ne dit pas “au revoir” mais on souhaite une “bonne journée”. Nous ne faisons pas les magasins, nous ne faisons pas du shopping mais nous “magasinons”. Enfin, nous ne commandons pas de boissons mais plutôt un “breuvage”, le terme “boisson” étant à priori réservé à l’alcool.
  • A Montréal, comme dans le reste du Québec, il y a des traductions mot à mot. Tout le monde sait qu’au Québec les films ont des titres différents du reste du monde ? Ce ne sont ni les titres d’origines (en anglais), ni les titres que nous avons en France. Bien souvent, ce sont des traductions de l’anglais vers le français fait mot à mot. Cela vaut pour beaucoup de choses. Par exemple, non loin de là où je réside, il y a un KFC (Kentucky Fried Chicken). Or, au Québec, cela s’appelle un PFK. Pourquoi ? Tout simplement car cela signifie en français Poulet Frit du Kentucky. Autre exemple, les STOP ici sont des ARRETS. Ce qui, une fois encore, est simplement la traduction française 🙂
  • Enfin, ils ont quand même cette chance incroyable d’être bilingue. Cela se ressent lorsque l’on fait les courses. Les Paquets de céréales possèdent par exemple une face en français et une autre face identique en anglais. Les serveurs, lorsque vous vous asseyez dans un bar vont vous dire “allo hi” et en fonction de votre réponse, ils s’adaptent et vous répondent soit en français, soit en anglais. La classe internationale ! Ce n’est qu’un exemple car tout est ainsi.

L’ARCHITECTURE :

  • Les habitations ont une caractéristiques marquantes à Montréal. Une règle établit qu’aucune construction ne doit être supérieure au Mont Royal en terme de hauteur. Les habitations sont donc assez basse avec généralement un à deux étages, et un demi-sous-sol. L’inconvénient des demi-sous-sol, c’est la faible luminosité. Impossible d’être en pleine journée sans allumer la lumière. Cependant, ils ont le mérite d’être chaleureux. Les habitations montréalaises sont superbe. Qui ne rêverait pas d’emprunter un des escaliers menant au premier étage d’une maison ? Personnellement, il me tarde d’avoir mon prochain logement, en espérant que ce soit le cas.
  • Qui dit construction à l’américaine, implique nécessairement des rues parallèles et très carrés. Aucun doute que les plans de la ville aient été dessinés à la règle. Il est dès lors impossible de se perdre. Cela a un coté très pratique à dire vrai. Par ailleurs, les rues ont toute un sens “ouest/est”. Le côté Ouest ou Est est défini par rapport à une rue très précise : le Boulevard Saint Laurent.
  • Les poubelles à composte ! Ça c’est stylé ! Des minis poubelles marron devant toutes les maisons avec des symboles de pelures de légumes, d’arrêtes de poisson… en forme de signe de recyclage. Quelle belle idée. Le pays est d’ailleurs paradoxalement assez écologique. On retrouve des boutiques zéro déchets, des campagnes de sensibilisation au respect de l’environnement. Il n’y a pas un déchet qui traine au sol et cela même en s’éloignant du centre ville de Montréal. Paradoxale car c’est aussi le pays de la voiture et des gros pickup. Disons qu’on ne peut pas être parfait partout mais le principale c’est d’avoir mis en place des mesures correctives.
  • Enfin, niveau architecturale, ne vous faites pas avoir avec les distances. Elles sont littéralement dix fois plus grandes. Autant en France nous peinons à faire nos dix milles pas par jour. Autant ici c’est chose facile. Une petite sortie et hop on y est. 

LES TRANSPORTS EN COMMUNS :

  • Le savoir-vivre est à chaque coin de rue. Fini les réflexes de français à gruger dès que l’on peut. A Montréal, et plus largement au Québec, il faut faire la queue pour monter dans le bus et respecter l’ordre d’arrivée. avant que le bus n’approche, une ligne bien droite et bien rangée se forme donc au fur et à mesure de l’arrivée des personnes. Une belle ligne où la priorité est respectée : premier arrivé = premier dans le bus. La politesse va également plus loin que cela (même si techniquement cela devrait être la norme partout). Une personne âgée, enceinte, handicapée ou ayant l’air d’être en moins bonne condition que nous, aura automatiquement une place assise dans le bus. Une personne la lui cédera sans qu’elle ait besoin de demander.  
  • Dans cette continuité, les québécois laissent les personnes descendre du métro avant de prendre place à l’intérieur. Tellement plus agréable mais aussi tellement plus rapide. On gagne un temps fou à faire cela.
  • Dans Montréal, il n’y a que 4 lignes de métros. Il est donc très facile de les apprendre par cœur. Facile aussi de se repérer héhé 🙂
  • La largeur des routes ! Les routes “nationales” sont des 6 voies et passent en plein coeur de la ville. Les routes secondaires seraient presque de la taille de nos autoroutes à nous. Il y a des ponts gigantesques et perchés en hauteur. Il y a certes de l’espace pour de telles infrastructures, mais cela n’en demeure pas moins impressionnant.

L’ART DE VIVRE :

  • Les spécialités culinaires sont toutes délicieuses, du moins pour celles que j’ai commencé à tester, c’est un sans faute. Entre poutine, queue de castors, cornet de glace enrobés de chocolat et autres vous serez servis. A côté de ces péchés de gourmandises caloriques, il ne faut pas oublier de manger équilibré et de faire un peu de sport pour éliminer le tout. 
  • Les débats, c’est typiquement français. Ici ça ne se fait pas. Si votre instinct vous dépasse et vous pousse à débattre, sachez que vous risquez de fortement vexer votre interlocuteur. C’est assez anglo-saxon comme manière de penser. Le débat nous vaut une réputation de personnes ayant du caractère. Une forte tête même… donc les débats, on s’adapte et on évite. 

LA FAUNE ET LA FLORE :

  • Les écureuils sont les petits rongeurs d’ici. Il y en a absolument partout ! J’étais habituée aux écureuils roux de Londres. Ici ils sont plutôt gris. Ils ne sont pas farouches non plus, même s’ils ne sont pas aussi curieux que les écureuils londoniens. Dans les parcs, vous verrez pleins de petits bébés écureuils. Ils sont incroyablement mignons avec leurs rayures sur le dos.
  • D’autres animaux sont visibles en ville, comme les castors par exemple. En prenant attention, nous en croisons. Pour ma part, j’en ai vu qui se baladaient tranquillement dans le Parc Jean Drapeau.
  • La verdure. Des parcs partout, une montagne même en plein centre ville. Haha montagne j’exagère mais ce fut le ressenti que j’ai eu lorsque je suis montée au sommet. Les rues d’habitations sont verdoyantes entre arbres et jardinets entretenus. De quoi se sentir bien, même en ville. 

LES TRADITIONS ATYPIQUES :

  • Parmi les traditions bien québécoise, il y en a une notamment : les déménagements tous les 1er juillet. Cette tradition demeure un mystère, même pour les locaux, qui se perpétue d’années en années. Il parait même que c’est un joyeux bazar ce jour là en centre-ville. Fort heureusement, le système locatif à Montréal est plus souple qu’en France.  Entre sous location et cession de bails, il y a le choix. 

LE MOT DE LA FIN (OU DU DEBUT DE L’AVENTURE)

Une fois qu’on y a gouté, il devient difficile de s’en passer. Nous verrons, si je survis à l’hiver et surtout j’espère que les étoiles vont s’aligner pour que mon « dream came true ». Croisons Bien fort les doigts !! 

Partager:

Laisser un commentaire